Bipolarité : rencontre au sommet

Nicolas Demorand et Gérard Garouste dans l’atelier du peintre, en Eure-et-Loir, le 30 mai 2025. ABEL LLAVALL-UBACH POUR « LE NOUVEL OBS »
Nicolas Demorand et Gérard Garouste dans l’atelier du peintre, en Eure-et-Loir, le 30 mai 2025. ABEL LLAVALL-UBACH POUR « LE NOUVEL OBS »


Avec « Intérieur nuit », son récent best-seller, le journaliste Nicolas Demorand a levé le tabou sur les troubles bipolaires. Le peintre Gérard Garouste avait déjà évoqué les siens, il y a quinze ans, dans « L’Intranquille ». Le Nouvel Obs les a réunis au printemps pour un dialogue exclusif, dans l’atelier de l’artiste. Extraits.

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Quelle est la vie d’une personne bipolaire ?

Atteint de bipolarité, le journaliste Nicolas Demorand, auteur du livre « Intérieur nuit », témoigne de son quotidien avec la maladie mentale.

Souffrances, diagnostic tardif, errance thérapeutique, traitements… Retour avec deux psychiatres sur ces troubles qu’on appelait jadis « maniaco-dépressifs ».

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« T’as pas une clope steuplaît ? »

Cigarette thérapeutique.

« Eh ! Steuplaît ! T’as pas une clope ? ». « Eh, t’as une clope pour moi ? ». Je l’ai tellement entendu en 24 ans de psychiatrie. Un refrain indémodable. Parfois, d’ailleurs, ce n’est même pas une question, nonobstant le point d’interrogation. C’est une injonction.

En psychiatrie, lors d’une hospitalisation, la cigarette que je fume sert à patienter, à tuer le temps (et le patient en a à revendre, en psychiatrie). Mais la cigarette qui m’est demandée/proposée/échangée/troquée/vendue permet de créer un lien, entamer un échange demandeur/donneur. Donnant-donnant.

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La cour des mirages

(L = 50 m x l = 15 m) de bitume.

Outre le fumoir, un espace extérieur, dit « cour extérieure »  permet de prendre l’air. Ici, c’est une espèce de bassin olympique de cinq couloirs de nage qu’on aurait bitumé. 

La cour extérieure, c’est un peu comme celle des Miracles, des vies par parenthèses, des existences cabossées, des parcours chaotiques, des trajectoires tout sauf rectilignes. On y croise des rêves, on y croise des gens, certains ont l’air d’être morts, d’autres, plus tout à fait vivants.

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Bons baisers d’hypomanie

Chambre 6, à l’admission.

« Les S*** ». C’est le nom de la clinique dans laquelle j’ai été admis ce vendredi soir. Une unité de soins d’un EPSM. Chambre 6, avec une vue, que j’imagine. La double fenêtre est fermée à clé et il fait nuit. Je verrai mieux demain matin. Chambre individuelle en room service pour 48h, le temps de l’isolement Covid-19 réglementaire, en vigueur à l’hôpital.

Ensuite, je devrai peut-être rejoindre une chambre double et ma partager avec un autre patient. Peut-être un camarade d’hospit’. La psychiatrie rapproche. Mais pas un copain : les liens tissés ici résistent peu au dehors. Il est même préférable de tout détricoter une fois sorti.

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Trouble bipolaire : échelle d’évaluation de l’humeur

L’objectif principal de l’échelle d’évaluation de l’humeur pour le porteur d’un trouble bipolaire, via un journal ou un calendrier, est de contrôler fréquemment, quotidiennement, les fluctuations de l’humeur par rapport à des variables diverses comme les médicaments, les addictions, les évènements de la vie, le temps de sommeil, les symptômes, etc.

Ce type de calendrier de suivi sert donc à voir si l’humeur varie et, dans ce cas, selon quel élément particulier.

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Manifeste de l’enceinte

Un côté du monde.

Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, l’avait compris. Alors, à dessein, l’ingénieur, architecte militaire, urbaniste et hydraulicien l’a habilement dessiné. Puis de l’ouvrage organisé la mise en œuvre.

Les citadelles fortifiées protègent des assiégeants notamment ceux qui, avant le siège, y ont trouvé refuge. L’enceinte fortifiée, dès lors, préserve, autant que faire se peut, l’intérieur de l’extérieur. De ses assauts répétés, de ses attaques incessantes, de ses violences continues.

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