
Nicolas Demorand et Gérard Garouste dans l’atelier du peintre, en Eure-et-Loir, le 30 mai 2025. ABEL LLAVALL-UBACH POUR « LE NOUVEL OBS »
Avec « Intérieur nuit », son récent best-seller, le journaliste Nicolas Demorand a levé le tabou sur les troubles bipolaires. Le peintre Gérard Garouste avait déjà évoqué les siens, il y a quinze ans, dans « L’Intranquille ». Le Nouvel Obs les a réunis au printemps pour un dialogue exclusif, dans l’atelier de l’artiste. Extraits.
« C’est une expérience psychédélique absolument incroyable, se retrouver dans des nappes de couleurs, être projeté dans une de vos toiles », dit Nicolas Demorand à Gérard Garouste, qui lui sourit, étonné.
Comme un quart de siècle et des révolutions médicales les séparent, le journaliste star tente de décrire au célèbre peintre les effets de la kétamine en spray, nouveau traitement des dépressions résistantes, après que Garouste lui a parlé du Marplan, cette molécule ancestrale et lourde qui, au début de sa vie de bipolaire, l’a rendu (encore plus) malade.
Tous les deux sont assis à côté d’une toile, la dernière du peintre, où l’on voit un homme agripper des deux mains son cerveau rose et plissé. Dans la bipolarité, le diagnostic qui réunit les deux hommes, le cerveau alterne les phases de dépression et d’excitation maniaque.
Ce dernier jour de mai, le journaliste de 54 ans et le peintre de 79 ans se retrouvent dans l’atelier de Garouste en Normandie. Ils s’entendent bien, mais sont aussi opposés que les phases qu’ils traversent.