Comorbidités : les maladies associées au trouble bipolaire

La maladie bipolaire s’accompagne d’une importante comorbidité, c’est-à-dire qu’elle est souvent associée à d’autres troubles. Cette association modifie souvent l’expression de la maladie et peut affecter son pronostic et la réponse au traitement. Il est primordial de dépister cette comorbidité et de la traiter conjointement au trouble bipolaire.

Les comorbidités peuvent être préexistantes au trouble bipolaire ou survenir simultanément. Les recherches n’ont pas permis de découvrir pourquoi certains troubles accompagnent fréquemment le trouble bipolaire et d’autres non. La sévérité d’un trouble comorbide peut évoluer au cours d’une vie et ses symptômes peuvent également varier en fonction de l’évolution du trouble bipolaire.

Les comorbidités du trouble bipolaire concerne essentiellement :

  • la consommation d’alcool et de toxiques ;
  • les troubles paniques ;
  • le trouble obsessionnel compulsif ou TOC ;
  • les troubles des conduites alimentaires ;
  • les troubles de la personnalité ;
  • le surpoids et l’obésité ;
  • le diabète ;
  • les maladies cardiovasculaires.

La consommation d’alcool et de toxiques

Selon certaines études, le risque d’alcoolisme est de 46 % chez les personnes souffrant de trouble bipolaire contre 13 % dans la population générale et celui de toxicomanie de 41% contre 6 %.

Ce risque est plus important pour les sujets qui soufrent de trouble bipolaire de type II. Il est en outre relativement plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Ces données conduisent devant tout problème d’alcoolisme chez une femme à rechercher un possible diagnostic de bipolarité.

Lorsque bipolarité et alcoolisme sont associés, le pronostic est affecté. Il y a alors davantage d’épisodes aigus et davantage de résistance aux traitements. Les relations entre l’alcoolisme et la bipolarité sont complexes : l’alcoolisme est-il secondaire au trouble bipolaire ? Ou bien en est-il au contraire le déclencheur ? Ou bien encore, s’agit-t-il de la simple association de deux troubles qui partageraient peut-être des facteurs explicatifs communs ?

D’un point de vue thérapeutique, cette intrication est primordiale à prendre en considération et la prise en charge doit tenir compte du fait que l’évaluation de l’état thymique, c’est-à-dire de l’humeur, se fait au mieux après sevrage et au terme d’une abstinence prolongée.

Le trouble bipolaire peut aussi être associé à la consommation ou à la dépendance à d’autres toxiques (le cannabis, notamment). De la même façon les soins doivent alors intégrer traitement du trouble de l’humeur et prise en charge de la toxicomanie.


Les troubles paniques

20 % des patients bipolaires présentent au cours de leur vie une forme de trouble anxieux appelée « trouble panique ». À l’inverse, 13 à 23 % des patients présentant un trouble panique sont bipolaires.

Les patients bipolaires qui présentent aussi un trouble panique sont plus anxieux et présentent des symptômes plus sévères, des formes plus précoces, davantage d’épisodes dépressifs qui nécessitent plus de temps pour atteindre la rémission clinique et ont une réponse moins favorable au traitement. Ces sujets présentent un risque plus élevé de faire des tentatives de suicide.


Le trouble obsessionnel compulsif ou TOC

Le trouble obsessionnel compulsif est fréquent chez les patients souffrant de troubles bipolaires. Cette association est plus souvent observée avec le trouble bipolaire de type II, elle concerne plus souvent des hommes et semble liée à un risque suicidaire plus élevé.


Les troubles des conduites alimentaires

Boulimie et trouble bipolaire peuvent être associés dans certains cas. En outre, certains accès maniaques sont marqués par une augmentation exagérée de l’appétit.


Les troubles de la personnalité

Les relations entre maladie bipolaire et personnalité sont complexes. Schématiquement, on peut dire que :

  • soit les caractéristiques de personnalité prédisposent au développement de la maladie, comme la personnalité dite « hyperthymique » (caractère jovial, expansif…) ;
  • soit elles expriment, en elles-mêmes, la maladie dans certaines formes atténuées, par exemple la personnalité dite « cyclothymique » ;
  • soit certaines caractéristiques de la personnalité sont les conséquences de la maladie (on observe ainsi qu’en l’absence de soutien et dans les cas où les épisodes se répètent, peuvent parfois s’installer manque de confiance en soi, dépendance aux autres, sentiment d’insécurité…)
  • soit elles influencent le cours évolutif de la maladie, favorisant par exemple l’exposition à certains évènements de vie stressants ou aux consommations d’alcool et de toxiques.
  • Pendant les épisodes dépressifs, certains traits de personnalité, comme l’anxiété ou le manque de confiance en soi se majorent, pour diminuer pendant les épisodes maniaques.

Le surpoids et l’obésité

Le surpoids (déterminé par un indice de masse corporelle, IMC, supérieur à 25) touche 58 % des patients bipolaires.

L’IMC est défini par le rapport du poids exprimé en kg et de la taille exprimée en mètres et portée au carré : IMC=P(kg)/T^2(m).

Certains médicaments nécessaires à la prise en charge du trouble bipolaire peuvent favoriser la prise de poids.


Le diabète

Le diabète de type II ou diabète gras est plus fréquent chez les patients bipolaires que dans la population générale.


Les maladies cardiovasculaires

Les maladies cardiovasculaires sont, elles aussi, plus fréquentes chez les bipolaires. Cela peut être mis en relation avec le risque relativement plus élevé chez ces patients de développer diabète et surpoids, de présenter un trouble anxieux ou de mal respecter les règles d’hygiène de vie (consommation d’alcool notamment).


Aller plus loin


Sources : troubles-bipolaires.com ; Comorbidités et troubles bipolaires, Jean-Pierre Kahn ; Comorbidités addictions/trouble bipolaire : quel impact
pour la prise en charge ?, Alain Dervaux et Xavier Laqueille.

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