Ernest Hemingway, Vincent Van Gogh, Virginia Woolf étaient probablement bipolaires. Plus près de nous, un certain nombre de personnalités et d’artistes ont fait leur « coming out » et ont révélé cette pathologie qui les habite, caractérisée par l’alternance d’états d’excitation et d’états de dépression.

C’est une maladie grave et il s’agit donc d’être très vigilant. C’est l’avertissement de Chantal Henry, professeur de psychiatrie et spécialiste des troubles bipolaires, chef de service des centres experts FondaMental à l’hôpital Albert-Chenevier de Créteil.
Plusieurs degrés de la maladie bipolaire sont responsables de tableaux cliniques variés qui expliquent en partie le retard au diagnostic puisqu’il faut huit ans, en moyenne, pour le faire.
Fort heureusement il existe des traitements, le lithium en est la base, même s’il s’associe parfois à d’autres molécules. Et dans un nombre très restreint de cas, avec l’accord des patients, il peut être nécessaire d’avoir recours aussi au traitement par sismothérapie ou électroconvulsivothérapie (ECT – électrochocs).
Le recours à la psychoéducation est un élément fondamental qui permet de mieux déceler les signes prémonitoires des crises et de nombreuses équipes développent cette information et cette transparence auprès des malades atteints de troubles bipolaires.
Causes génétiques, causes environnementales, facteurs déclenchant… tous ces paramètres méritent d’être étudiés et pris en charge car, dans la maladie bipolaire, de 10 % à 15 % des personnes non traitées finissent par se suicider.